Lundi

Billet

J’ai supprimé un certain nombre de posts qui n’avaient pas leur place ici, mais il n’est pas impossible que je les remette.

En ce moment, je travaille seul. Travail personnel, mais sait-on jamais. J’ai écrit une pièce que personne n’a vraiment lue. Ca n’a rien de terrible et il y a des choses plus graves surtout en ce moment. Oui, nous allons vivre confiné pendant un certain temps. Combien, personne n’en sait rien, des semaines, des mois, peut-être. Aujourd’hui, le coronavirus touche ou peut toucher tout le monde, les jeunes comme les moins jeunes. Ceux qui sont malades, comme ceux qui sont en bonne santé. Personne ne peut savoir si le virus a, ou peut, muter.

Une maison dans la forêt

Billet

Une maison dans la forêt. Un peu plus bas un cour d’eau. Il faut descendre pour gagner la rive. La maison est faite de bois de boue et de pierre. Des herbes folles poussent devant le perron. Un homme emprunte les marches qui le conduisent jusqu’à l’entrée. Il pousse la porte. La pièce est vide. Il s’assoit se recroqueville sur lui-même. Il fait un peu froid. Une lourde tâche l’attend. Il tourne la tête et aperçoit une tâche sur le mur. Le mur est en bois. On voit le bois on voit la boue mais on ne voit pas la pierre. La tâche semble s’agrandir. Elle est bleue ou rouge. Il vient d’allumer. C’est le soir. Presque la nuit. Le cours d’eau disparaît, devient invisible. La pente qui permet d’y accéder est plus raide la nuit que le jour. Un filet de lumière filtre à travers la cloison. L’homme se met à écrire. C’est une lourde tâche. Ligne après ligne il trace un mince fil fait de pattes de mouche quasi illisibles. Lui seul sait de quoi il s’agit. Une lettre après l’autre puis deux puis trois. Des mots se forment. Ils ne sont pas toujours compréhensibles même pour lui. Il remonte un peu la lumière. La chaise craque sous l’effort. L’homme va ouvrir la porte.

Une forme se dresse devant lui tenant une lanterne qui remue dans le vent qui se lève. La voix est rauque. Il reste silencieux. Elle entre, pénètre dans une autre pièce. Au plafond un oiseau la regarde. Il a le bec crochu. Ses yeux sont verts ou jaunes. Les murs tremblent. La forme se confond avec la nuit de la pièce. Elle va se tasser dans un angle. Les murs tremblent de plus en plus fort. L’homme boit un verre d’alcool. Il continue d’écrire. Dehors il y a de la musique. Des sons de cloches des tambours. L’homme regarde la tâche sur le mur. Dans l’autre pièce, la forme s’est allongée sur le sol. Ses ongles grattent les lattes cherchant une faille un interstice. De l’eau coule à ses pieds. Sans doute va-t-elle se répandre dans toute la pièce. Il fait de plus en plus froid mais son visage est en sueur. L’oiseau vole en décrivant des cercles. Il descend vers le sol puis monte très haut et disparaît. La forme ouvre la fenêtre. Elle appelle l’oiseau qui ne l’entend pas et poursuit sa course vers le sommet du ciel. L’homme a tourné les pages. Il a trempé sa plume à plusieurs reprises. L’encre met du temps à sécher. La pièce n’est pas tout à fait vide. Sur la table des livres. Il ne peut pas en faire grand-chose. Le sommeil le prend. La journée a été longue. Le vent fait craquer les marches qui mènent au perron. La forme détache ses cheveux qui tombent jusqu’au sol. Elle arrache les lames du parquet pour en faire une chaise. En réalité elle ne fait rien les choses se font d’elles-mêmes. Une chaise une table un lit. Le sol devient mouvant. Il bouge comme une mer. Les vagues lèchent les murs. De vieux marins fument la pipe. Le sel devient sable et de lointains naufragés refont surface.